Quel point commun entre le contrôle d’accès du campus de la VUB, celui du siège central d’ING à Amsterdam, le calcul du temps d’arrêt des trains de la SNCF dans les gares RER, le comptage en temps réel des clients des magasins The Phone House ou encore la sécurisation d’un gigantesque complexe militaro-industriel au Koweït ? L’utilisation, par tous ces clients, d’un logiciel de traitement automatique de l’image (vidéosurveillance) conçu et commercialisé par la société ACIC à Mons.

À l’origine de cette spin-off sortie en droite ligne du centre de R & D Multitel (Polytech de Mons et UCL) et plus précisément de son pôle de traitement de l’image, le docteur en sciences appliquées Jean-François Delaigle, ingénieur civil télécoms issu de l’UCL (labos du professeur Macq).
À peine diplômé, Jean-François Delaigle est engagé chez Multitel en 2001 où il prend la direction du pôle « traitement de l’image ». Deux ans plus tard (octobre 2003) est constituée la société anonyme ACIC qui, en 2004, accroche un premier client avec la ville de Toulouse. Celle-ci fait d’emblée confiance à la spin off pour un système de détection de….franchissement de feux rouges.
ACIC sort alors peu à peu des labos de Multitel pour, avec cinq personnes occupées en 2005, négocier de nouveaux contrats commerciaux. À la mi-2008, ACIC s’implante sur le parc Initialis au sein de l’incubateur technologique que gère La Maison de l’Entreprise. La société compte aujourd’hui dix collaborateurs, dont trois docteurs en sciences appliquées (télécoms et informatique) et deux commerciaux.

Caméras thermiques

ACIC, en fonction de la demande deson client, vend un logiciel ou encoretout un système de détection(câbles, caméras, etc.), avec contrat de maintenance. Via un intégrateur belge basé au Koweït, ACIC est devenu aujourd’hui un gros fournisseur dans ce pays avec notamment un contrat (le troisième), en cours d’exécution, de sécurisation d’une gigantesque zone militaro-industrielle adossée à lamer. Pour sécuriser le rivage, des caméras thermiques rotatives ont été déployées et détectent, de jour comme de nuit à 500 m de la côte, l’approche de la moindre embarcation. Un nouveau produit baptisé «My Panorama Detection » qui devrait encore, dans cette région du Golfe, ouvrir de très belles perspectives à la PME montoise.

Confiance pour 2009

Pour la SNCF, ACIC vient de développer également une nouvelle application qui permet de réaliser, à distance, la maintenance des 3000 caméras de surveillance du réseau. Grâce surtout à ces commandes étrangères, la PME clôturera l’année 2008 avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 800.000 euros. Pour 2009, des centaines de milliers d’euros sont déjà en carnet de commandes et si ACIC emporte encore les appels d’offres en cours d’étude, la société comptera sans doute quatorze, voire quinze employés à la fin de l’an prochain.
Les seuls vrais concurrents d’ACIC dans le traitement automatique de l’image sont basés aux Etats-Unis et surtout en Israël. C’est dire si sur ces marchés très porteurs du Moyen-Orient, les perspectives sont encore souriantes pour la PME montoise.

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