La Région de Bruxelles-Capitale a mis en place en 2006 des « programmes d’impulsion », destinés à financer, selon des thématiques d’intérêt pour la Région et prédéfinies par celle-ci (TIC en 2006, santé en 2007, environnement en 2008), des projets de recherche interuniversitaires d’une durée de trois ans, renouvelables pour trois ans, et ayant un potentiel de valorisation économique à moyen terme.
Le projet NATHYPOX, coordonné par le Professeur O. FERON, Professeur associé et maître de recherche FNRS au laboratoire de pharmacothérapie (FATH) de l’UCL, est l’un des deux projets coordonnés par l’UCL ayant obtenu un financement dans le cadre du programme d’impulsion bruxellois consacré à la santé : 4 chercheurs et 1 technicien seront financés pendant trois ans dans le cadre de ce programme.
Les partenaires du projet sont le Professeur J. QUETIN-LECLERCQ, Professeur ordinaire à l’unité d'analyse chimique et physico-chimique des médicaments et pharmacognosie (CHAM) de l’UCL, le Professeur O. RIANT, Professeur à l’unité de chimie organique et médicinale (CHOM) de l’UCL, ainsi que le Professeur R. KISS, Professeur à l’unité de toxicologie de l’ULB.
Le projet NATHYPOX porte sur l’identification et le développement de nouvelles molécules anti-angiogéniques d’origine naturelle sélectionnées sur base de leur efficacité en conditions hypoxiques.
L’inhibition de l’angiogenèse (i.e. la formation de nouveaux vaisseaux sanguins au départ de vaisseaux sanguins préexistants) est, en effet, aujourd’hui, reconnue comme une nouvelle modalité dans le traitement du cancer.
Afin de prévenir les effets secondaires, le projet NATHYPOX entend augmenter la sélectivité en faveur de la vascularisation tumorale en intégrant le paramètre « hypoxie » (i.e. diminution de la concentration en oxygène dans le sang) dans l’implémentation de la plate-forme technologique dédicacée à l’identification de substances anti-angiogéniques. En effet, l’hypoxie, et plus particulièrement l’hypoxie intermittente, est reconnue comme une caractéristique majeure de la plupart des tumeurs. L’hypoxie stimule l’angiogenèse et est responsable d’une résistance accrue des tumeurs aux traitements anticancéreux. Dès lors, l’introduction du concept d’hypoxie dans les modèles cellulaires reproduisant in vitro le processus angiogénique devrait permettre de sélectionner des molécules actives contre les cellules endothéliales rencontrées dans la plupart des tissus sains. La démonstration de leur efficacité thérapeutique sera ensuite réalisée in vivo.
La source de nouveaux composés avec un potentiel anti-angiogénique sera celle des extraits naturels de plantes.
Les évaluations d’activité guidant le fractionnement, la purification et l’isolement des substances actives seront réalisées sur une plate-forme technologique développée en partie dans le cadre du programme bruxellois, avec pour objectif l’identification de nouveaux composés « lead ».
La réalisation de nouvelles classes de molécules anti-angiogéniques par voie chimique (synthèse ou hémisynthèse) sera menée en parallèle afin d’identifier de nouvelles classes de molécules anti-angiogéniques brevetables.
D’autre part, le mode d’administration dit « métronomique » (i.e. basé sur l’administration fréquente de faibles doses du composé anti-angiogénique) sera étudié. Ce mode d’administration exerce en effet une activité anti-angiogénique plus puissante que lorsque la même molécule est administrée à la dose maximale tolérée.
En résumé, les objectifs de ce programme de recherche sont doubles : implémenter une plate-forme technologique pour l’identification de nouvelles molécules anti-angiogéniques tumeur-sélectives et identifier des composés dérivés d’extraits naturels et dotés de propriétés anti-angiogéniques à des concentrations faiblement ou non-cytotoxiques pour le reste de l’organisme.
Les partenaires du projet NATHYPOX envisagent à terme la création d’une spin-off ayant pour mission l’identification de nouvelles classes de médicaments anti-cancéreux (anti-angiogéniques) et la conduite des molécules les plus prometteuses jusqu’en phase I clinique. D’autre part, l’implémentation de la plate-forme technologique pour le « screening » des composés anti-cancéreux permettra de développer l’offre de service à des tiers.